Dans le cadre du RAA, de nombreux salariés s’interrogent sur la tendance baissière du cours de l’action CGI et de sa valorisation actuelle. Une moins-value latente est bien visible pour les personnes étant arrivées depuis moins de 5 ans (donc beaucoup de monde). Est-ce un signe de faiblesse de notre entreprise ? Faut-il s’en inquiéter pour notre portefeuille (et notre avenir) ? Pour y voir clair, il est nécessaire de prendre un peu de recul et d’observer la situation avec une vision macro-économique.
Une baisse « systémique » : ce n’est pas CGI, c’est le secteur. Il est essentiel de comprendre que la baisse
actuelle ne sanctionne pas nécessairement la stratégie de CGI ou la qualité du travail fourni par ses salariés. Nous traversons ce que les analystes appellent une baisse systémique. Si l’action CGI a reculé d’environ 30 % sur un an, elle ne fait que suivre ses concurrents directs. Sur la même période, des ESN comme Accenture ou Infosys ont connu des chutes similaires, voire plus brutales. Après l’euphorie de 2024 où toutes les valeurs technologiques s’envolaient grâce à l’Intelligence Artificielle, le marché est entré dans une phase de réalisme. Les investisseurs attendent désormais de voir comment cette technologie se traduit concrètement dans les bilans financiers de tout le secteur des ESN. Grossièrement, dans une société où l’IA pourrait « remplacer » des compétences et savoirs humains, pourquoi investir dans des entreprises dont le business model est de « vendre du temps de cerveau humain disponible » ? On peut ajouter à cela un contexte économique incertain, où beaucoup de grandes entreprises mondiales ont réduit leurs “dépenses discrétionnaires” en informatique. Ce ralentissement global des budgets IT impacte mécaniquement tous les acteurs du service numérique, sans exception.
En résumé : Le navire CGI tangue parce que l’océan est agité, pas parce que le moteur est en panne.
Voir le portefeuille à moitié plein ou à moitié vide : Si la chute du cours peut inquiéter au premier abord, elle peut aussi être vue sous un angle plus stratégique pour ceux qui investissent sur le long terme. C’est ce qu’on appelle la stratégie du lissage du prix moyen : pour un salarié qui investit chaque mois la même somme via le RAA, une baisse du cours de l’action est paradoxalement une opportunité car avec la même somme d’argent, on achète davantage d’actions aujourd’hui qu’il y a un an, et en continuant à investir quand le cours est bas, on fait baisser la moyenne globale du prix d’achat du portefeuille. Le jour où le marché repart (une fois la crise systémique passée), la plus-value sera calculée sur ce prix moyen plus bas. Il faut avoir à l’esprit que, grâce à l’abondement qui double chaque mois l’investissement, on a une marge de 50% de baisse pour ne pas subir de moins-value sur ce que l’on a versé réellement depuis le salaire. Il est également possible selon le profil et l’aversion au risque de chacun, de diversifier l’épargne salariale en arbitrant entre les différents supports proposés par notre gestionnaire d’épargne salariale, en basculant une certaine part sur les supports les moins risqués, appliquant ainsi le vieil adage qui fait foi en matière d’investissement : « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ».
Conclusion : une vision de long terme. La bourse fonctionne par cycles. Si les fondamentaux de CGI restent solides (carnet de commandes, expertise, fidélité des clients), le cours finira par refléter cette valeur réelle. Comprendre que nous subissons un cycle de marché mondial permet de relativiser la situation et de prendre des décisions éclairées, que ce soit pour diversifier ou pour profiter de prix d’achat plus attractifs.
Avertissement :
Cet article ne constitue pas un conseil en investissement financier, chaque salarié doit évaluer sa situation personnelle.






